Le chapitre 2 (dont le tire est le suivant : « Vive la lenteur ! (ou) La lenteur, quel bonheur) n’ayant pas spécialement retenu mon attention, je passe directement, ci-dessous, aux extraits du chapitre 3.

- Au 19è siècle, bien longtemps avant que n’apparaissent les fast-foods automobiles, un observatuer de l’époque résumait ainsi l’art de la table à l’américaine : « engloutir, déglutir et courir ».

- Au lieu de nous asseoir en famille ou avec des amis, nous prenons souvent nos repas en solo, sans nous poser, ou en faisant tout autre chose – travailler, conduire, lire le journal ou surfer sur le Net.

- L’accélération de la production fait écho à cette accélération du temps des repas. Fertilisants chimiques, pesticides, nourrissage intensif, adjuvants antibiotiques, hormones de croissance, élevage rigoureux, modifications génétiques.

- Une fois que les fours à micro-ondes eurent colonisé les cuisines des années 1970, les temps de cuisson se mesurèrent en secondes. Subitement, le plateau-télé qui cuisait en 35 minutes dans un four normal fut relégué à l’ère du cadran solaire.

- Nous connaissons tous le résultat d’une récolte trop précoce des produits mis à mûrir dans des cargos et expédiés dans des conteneurs réfrigérés à travers la planète : des avocats durs comme la pierre et pourris du jour au lendemain, des tomates au goût farineux.

- Nombreux sont ceux qui commencent à remettre en question la fameuse trilogie du « dévorer-avaler-cavaler ». (…). Leur tête de pont est un mouvement international dont le nom dit déjà tout : « Slow Food ».

- Carlo Petrini, critique gastronomique charismatique, lança le mouvement « Slow Food ».

- « Prenez donc le temps de faire la cuisine et d’apprécier ce que vous mangez ».

- Car cuisiner peut être bien autre chose qu’une corvée ! C’est une activité qui nous relie à ce que nous mangeons, à sa provenance, à la révélation de ses goûts, à ses bienfaits potentiels pour notre santé. Confectionner un plat qui fasse plaisir aux autres peut être une réelle source de joie. Lorsqu’on a le temps pour cela et que la recette n’est pas synonyme de précipitation, cuisiner est aussi un merveilleux moyen de se détendre. Il peut même s’agir d’une activité médidative (…).

- Ce n’est pas un hasard si la racine latine du mot compagnon signifie « qui partage le pain ».

- Oscar Wilde n’a pas exprimé un autre sentiment dans ce piquant aphorisme : « on peut pardonner à n’importe qui après un bon dîner, même à ses propres parents. »

- Au travail, prendre le temps d’absorber un repas digne de ce nom peut même s’avérer payant quand règne la règle de l’encas vite pris au bureau. Jessie Yoffe, qui travaille dans un cabinet d’audit à Washington, avait l(habitude de déjeuner devant son ordinateur. Elle avait compris que son patron, un drogué de travail, verrait d’un mauvais oeil le fait de prendre le temps de déjeuner dehors, même les jours calmes. Or, un après-midi, tandis qu’elle mâchonnait sa salade tout en véirifiant un contrat, elle réalisa qu’elle venait de lire 6 fois de suite le même paragraphe sans en saisir une ligne. A l’instant même, elle décida qu’elle quitterait le bureau pour déjeuner, quoi qu’en dise son patron. (…). Elle a perdu 3 kilos et se découvre des réserves d’énergie insoupçonnées. « C’est drôle parce qu’on s’imagine que, si on passe moins de temps au bureau, on travaillera moins. Or ce n’est pas cela qui se passe. Je constate que prendre le temps de manger me relaxe et que je travaille bien plus efficacement l’après-midi qu’auparavant », affirme-t-elle. Sans faire allusion à l’instauration de ce nouveau régime, dans les 2 sens du terme, son patron l’a récemment félicitée pour ses performances professionnelles.

- Cuisiner chez soi constitue également le meilleur moyen de faire des économies. Un repas improvisé est souvent moins cher – et a meilleur goût – que son équivalent en grande surface.

- Ensuite,  il faut apprendre à cuisiner plus souvent. Après une longue et épuisante journée de travail, notre 1er réflexe est de balancer un plat tout prêt dans le micro-ondes ou de commander quelque chose chez un traiteur thaï. Il ne s’agit que de cela – d’un réflexe. Que nous pouvons surmonter. Nous pouvons trouver le temps et l’énergie de découper, de faire frire ou bouillir nos aliments. D’après mon expérience, le fait d’inspirer profondément en se dirigeant simplement vers la cuisine peut suffire à vous faire dépasser le cap du « je-n’ai-absolument-pas-envie-de-cuisiner ». Et une fois arrivé à ce point, la rétribution n’est plus seulement gastronomique : au moment où l’ail écrasé glisse dans l’huile bouillante de la poêle et commence à grésiller, je peux sentir se dissiper toutes les contrariétés de la journée.

- Il va sans dire que nous pouvons tous tirer profit d’une telle approche dans nos choix alimentaires. Il est plus difficile d’apprécier la nourriture lorsqu’elle est engloutie dans la précipitation, devant la télévision ou l’ordinateur. Elle reste alors un simple carburant. On peut commencer à savourer ce qu’on mange en ralentissant le rythme et en y prêtant attention.

 

 


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Posted by admin
Dated: 23rd août 2009
Filled Under: Lectura, Zen