Vous l’aurez peut-être constaté dans l’article sur un de mes poèmes intitulé « voyages oniriques »… L’interprétation des rêves a été une de mes passions à une certaine époque de mon existence. Depuis l’année 2003, j’ai relevé tous mes rêves dans un petit carnet (le meilleur moyen de se les rappeler est de les noter dès le réveil, d’où ce petit carnet posé sur la table de nuit).
Pourquoi cette passion ? Dans quel but cette démarche ? Simple centre d’intérêt ? A la recherche de réponses ?
Peut-être en trouverez-vous dans les extraits de l’ouvrage que je vous présente ici : « L’interprétation des rêves… de Freud ». Ce livre-ci fait partie de la « philotèque » des éditions Bréal (2001). Il comporte le texte intégral du chapitre VI (paragraphe 1, 2 et 3) – de l’oeuvre de Sigmund Freud – analysé et présenté par Dominique Bourdin, professeur agrégé de philosophie, docteur en psychopathologie fondamentale et psychanalyste (attention à toujours actualiser ces indications car celles-ci sont prises dans l’ouvrage à la date de publication de celui-ci !). Cet ouvrage est donc destiné aux étudiants en philosophie ; il y a même plusieurs sujets de dissertation à la fin.
Extraits…
- (…) sa méthode, les assocations libres, consistant à inviter le patient à dire tout ce qui lui vient à l’esprit.
- (…) Freud précise sa compréhension du fonctionnement psychique par la description de ce qui constitue « l’appareil psychique » : le ça pulsionnel, le moi organisateur, et le surmoi, intériorisation des interdits et de l’idéal.
- Lors des associations libres de la cure, les patients racontent des rêves dont Freud s’étonne de découvrir qu’ils le conduisent directement au coeur de la compréhension de l’histoire vécue et des fantasmes de la personne – car dira-t-il, le rêve est la voie royale vers l’inconscient.
- (…) le rêve se présente à l’analyste comme un rébus à déchiffrer.
- (…) processus de formation des rêves : condensation, déplacement, figuration, représentations symboliques.
- (…) psychologie des processus du rêve : l’oubli des rêves, la régression mise en oeuvre dans le rêve, les cauchemars, les fonctions du rêve, les rapports entre conscient et inconscient dans le rêve.
- Deux concepts : le processus primaire, caractéristique des productions de l’inconscient (opposé au processus secondaire, celui de la pensée consciente) ; et le refoulement, force capable de rejeter hors de la conscience certains désirs et certaines pensées.
* Des contenus mentaux internes et méconnus : le rêve manifeste une étrangeté à l’intérieur du psychisme, une part des représentations qui se passent en nous nous échappent. « Nous avons donc l’expérience de contenus mentaux à la fois intimes et inconnus ». (…). Le rêve dépend d’une motivation psychique, mais celle-ci reste inconsciente. Le rêve relève d’un paradoxe : je ne veux pas savoir ce que je sais, je ne veux pas penser ce que je pense ; il est le retour des pensées indésirables, l’expression d’un désir méconnu.
* La méthode d’interprétation : (…) L’interprétation symbolique vise le rêve comme un tout et y décèle une intentionnalité. L’interprétation cryptique décompose le rêve en éléments dont chacun est interprété isolément en fonction d’une clé d’interprétation.
* Le rêve, accomplissement de désir : peut-on conclure que tous les rêves ne sont que des réalisations de désirs ? Freud montre combien le désir est le langage du rêve : les rêves de commodité (par exemple rêver de boire quand on a soif), qui permettent de continuer à dormir malgré l’éveil d’un besoin physiologique, l’illustrent bien. Nos rêves les plus fascinants sont la complication de ces rêves de désir élémentaires. (…) Les rêves des tout jeunes enfants (…) réalisent les désirs et les fantasmes de la journée.
* La déformation dans le rêve : peut-on parler de désir dans le cas du cauchemar ou rêve d’angoisse ? Freud fait une distinction entre le « contenu latent » et « contenu manifeste » du rêve : le contenu latent est toujours la satisfaction d’un désir, mais celui-ci n’apparaît dans le contenu manifeste – ce que l’on comprend lors du récit du rêve – que lorsque le désir n’est pas refoulé. (…). Deux grandes forces concourent à la formation du rêve : les tendances qui construisent le désir exprimé par le rêve, et le système qui censure le rêve en déformant l’expression de ce désir.
* Le matériel et les sources du rêve : (…). L’extrême variété des rêves fait appel à des formes de mémoire très hétérogènes : souvenirs de la veille ou « restes dirunes », données insignifiantes, évènements de l’enfance. (…). La vie pulsionnelle de l’enfant reste active de façon cachée chez l’adulte. Les rêves récurrents, qui font retour et sont insensibles aux modifications récentes, sont fondamentalement infantiles. Les sources somatiques du rêve : (…) les sensations corporelles (…). En aucun cas le rêve ne provient seulement des besoins ou sensations du corps. Mais il peut s’y trouver un apport venu des impressions du corps pendant le sommeil, mis en relation avec le désir exprimé par le rêve. Les rêves typiques : (…) autre préjugé, les rêves typiques indiqueraient des clés générales pour le rêve. Or seules les associations d’idées faites par l’individu qui a rêvé peuvent fonder l’interprétation. Mais les rêves fréquents au point d’être typiques ne suscitent généralement que très peu d’associations. La méthode symbolique est alors le seul recours, incertain et approximatif.
* Le travail du rêve : la condensation… (…) chaque élément du rêve manifeste renvoie par des ramifications complexes vers les restes diurnes, l’infantile et de multiples éléments de la vie du rêveur. (…). Même les mots et les noms sont sujets aux mêmes compositions et condensations que les représentations d’objet. Il s’ensuit des créations de termes surprenantes et parfois comiques… Quant aux discours, nettement distincts des pensées, ce sont des souvenirs de paroles réelles, restées sans modification ou légèrement alérées. Le travail de déplacement : le déplacement et la condensation sont les deux grandes opérations auxquelles nous devons la forme de nos rêves. Ce déplacement est l’un des procédés essentiels de la déformation qui fait que le contenu manifeste du rêve ne ressemble plus au noyeu des pensées du rêve. Il a donc lieu sous l’influence de la censure. Les procédés de figuration du rêve : les pensées essentielles du rêve se présentent comme un complexe de pensées et de souvenirs assemblés d’une manière très compliquée, parfois issus de plusieurs noyaux mais toujours porteurs de connexions entre eux. (…). Le rêve n’exprime habituellement pas les catégories de l’opposition et de la contradiction ; il paraît ignorer le « non ». (…). Ne pas arriver à faire quelque chose dans un rêve est encore un autre moyen d’exprimer soit la négation, soit un conflit de volonté provoquant un inhibition. (…). Tous les rêves d’une même nuit appartiennent à un même ensemble.
Bientôt, la suite…
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