« La solitude, comme je l’entends, ne signifie pas condition misérable mais plutôt royauté secrète, incommunicabilité profonde mais connaissance plus ou moins obscure d’une inattaquable singularité. » (J. Genet)
- « Personne ne nous apprend à être seul. Au contraire, toute éducation, qu’elle soit dispensée par la famille ou à l’école, vise à ne jamais laisser l’enfant dans le silence, face à lui-même : on l’oblige à jouer avec ses camarades, à faire partie d’une équipe sportive, à embrasser les cousins éloignés et à parler avec les amis des parents, bref à ‘communiquer’ et à ’s’intégrer’, ces deux poncifs tyranniques de la société contemporaine. » (etc)
- « (…) quant à la solitude, elle ne représente pas une fatalité mais une liberté. »
- « Les êtres qui chérissent la solitude sont souvent considérés comme des misanthropes : ils n’apprécient pas les bains de foule, les stades vociférants, les manifestations dites populaires, donc ils méprisent ou détestent leurs semblables… Or le solitaire n’est pas celui qui n’aime pas les autres mais celui qui apprécie certains autres, celui qui en tout fait preuve d’élection et cultive les relation unique entre deux personnes… (…). Pour lui, l’individu est d’un grand prix et c’est le mépriser profondément que de le traiter en termes généralisateurs : les jeunes, les travailleurs, les immigrés, les sans-abri… ».
- « La solitude s’avère le contraire de l’égoncentrisme, du repliement sur soi et de la revendication pour sa petite personne. (…). Le solitaire sait qu’il a beaucoup à apprendre… (…). Il lit, écoute, réfléchit, mûrit ses pensées comme ses sentiments. En cet état, il pèse le moins possible sur autrui : il ne cherche pas, au moindre désagrément, une oreille où déverser ses plaintes, il ne prend pas l’autre responsable de ses faiblesses et des incompétences… »
- « La solitude permet de laver le regard habitué et fatigué que nous portons sur ceux qui nous entourent. »
- « (…) le solitaire (…) : de n’être pas systématiquement intégré aux autres ne le rend pas malade. Peut-être s’avouera-t-il sauvage mais certainement pas exclu. »
- « Ceux qui ont subi une réclusion solitaire ont su que cette expérience ne conduisait pas obligatoirement à l’angoisse et au désespoir, que c’était une façon d’aller vers l’intérieur, de creuser sa mine d’or. La plupart des maux de l’homme, avait noté Blaise Pascal, viennent de son incapicité à ‘demeurer en repos dans une chambre’, parce qu’il préfère se divertir au lieu de faire face. Or la traversée de la solitude ne débouche pas sur le néant mais sur une msie au monde. »
- « Savoir accueillir la solitude comme une amie rend plus fort et plus libre face aux épreuves et devant la mort – ce qui ne veut pas dire moins sensible. La fermeté d’âme n’a ajamis empêché les élans du coeur. »
- « Dans les moments de silence que l’être humain s’octroie, il est obligé de prendre conscience de sa finitude physique. Il peut dès lors penser à faire des provisions pour traverser au mieux le périlleux passage ou , tout au moins, à faire quelque chose de sa vie. »
- « La solitude n’a rien de triste, mais elle a la gravité de l’amour, de la beauté, des choses essentielles. Elle enjoint de vivre avec courage, lucidité et attention. Envisager chaque être comme une solitude, comme un monde à part, est le plus grand respect que nous lui puissions accorder. Et s’éprouver soi-même comme seul au monde confère à l’existence une secrète dignité. Certains verront là une pensée tragique, une philosophie du désespoir, alors que pour moi s’annonce ainsi, éclatante, une philosophie de la liberté. »
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